Deuxième trimestre 2026 Des marchés résilients malgré un contexte mouvementé

Deuxième trimestre 2026 : des marchés résilients malgré un contexte mouvementé

La guerre entre les États-Unis et l’Iran est demeurée un facteur déterminant au deuxième trimestre, les investisseurs évaluant les répercussions de la hausse des prix de l’énergie sur l’économie en général et sur les décisions de politique monétaire des banques centrales. Toutefois, à la mi-juin, un accord provisoire a mené à un cessez-le-feu, et des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis se sont amorcés en Suisse. Malgré une brève reprise des hostilités au cours des derniers jours du trimestre, le pétrole, dont le prix avait dépassé 120 $ US le baril en avril, a terminé le mois de juin près de 70 $ US, soit essentiellement son niveau d’avant l’attaque contre l’Iran à la fin de février.

Le secteur technologique américain est également demeuré sous les projecteurs, marqué par une importante rotation hors des titres technologiques des « Sept Magnifiques » au cours de la deuxième moitié du trimestre. Les titres de ces géants de la technologie ont propulsé le Nasdaq à la hausse en avril et en mai, mais leur élan s’est essoufflé en juin avant de s’inverser, les investisseurs, préoccupés par l’ampleur des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle (IA) par les Sept Magnifiques, ayant reporté leur attention vers les sociétés spécialisées dans les mémoires, les fournisseurs d’électricité et d’autres fournisseurs d’infrastructures liées à l’IA. Alors que les titres des Sept Magnifiques ont évolué latéralement ou reculé à l’approche de la fin du deuxième trimestre, l’indice Philadelphia Semiconductor a terminé le trimestre en hausse de près de 100 %.

Parmi les opérations de financement réalisées ou annoncées dans le secteur technologique en juin figurait le premier appel public à l’épargne (PAPE) de SpaceX, d’un montant de 75 G$ US le 12 juin, lequel a porté la valeur de la société à 1,77 T$ US. SpaceX a également fait appel au marché des titres à revenu fixe en juin au moyen d’une émission obligataire de 25 G$ US largement sursouscrite. Alphabet, la société mère de Google, a réalisé plus tôt dans le mois une émission d’actions de 84 G$ US, tandis que les chefs de file de l’IA Anthropic et OpenAI ont chacun déposé une documentation préliminaire en vue d’un éventuel PAPE.

Malgré toute l’actualité et le bruit médiatique du deuxième trimestre, les principaux indices boursiers ont poursuivi leur progression, l’indice composé S&P/TSX, le Dow, le S&P 500, le Nasdaq et le MSCI Monde ayant tous inscrit de nouveaux sommets historiques en juin avant de replier vers la fin du trimestre. Le Nasdaq et le S&P 500 ont tous deux enregistré leur meilleure performance trimestrielle depuis 2020, mais chacun a terminé le mois de juin en territoire négatif. L’indice composé S&P/TSX a terminé le mois de juin essentiellement inchangé après avoir reflué à partir d’un sommet historique atteint au milieu du mois.

Les rendements des obligations du Trésor américain ont poursuivi leur hausse et ont terminé un autre trimestre en progression, les investisseurs s’étant départis de leurs obligations en raison des préoccupations entourant l’inflation et des progrès inégaux des pourparlers de paix au Moyen-Orient. Le rendement des obligations du Trésor américain de référence à 10 ans est passé de 4,35 % au début du deuxième trimestre à 4,67 % à la fin de la période de trois mois (les rendements obligataires augmentent lorsque les prix des obligations baissent). Le prix de l’or a poursuivi son recul pour revenir à des niveaux observés en novembre 2025, enregistrant ainsi sa pire performance trimestrielle en dix ans, les perspectives de taux d’intérêt plus élevés s’étant renforcées et les investisseurs au détail ayant perdu leur enthousiasme pour le métal précieux.

Pour la période de trois mois terminée le 30 juin, l’indice composé S&P/TSX a progressé de 6,96 %, l’indice S&P 500 a gagné 15,10 % et le Nasdaq s’est envolé de 21,60 %. À l’échelle mondiale, le MSCI Monde a progressé de 13,97 %, tandis que le MSCI EAEO a avancé de 11,54 %. Au Royaume-Uni, l’indice FTSE 100 a progressé de 4,02 %, tandis que le DAX allemand a gagné 10,21 %. En Asie, l’indice Nikkei 225 du Japon a avancé de 37,32 %, alors que le MSCI Chine a reculé de 6,87 %. L’indice des obligations universelles FTSE Canada a augmenté de 2,01 %. Le prix de l’or a reculé de 12,72 %, tandis que le pétrole Brent a chuté de 31,45 %.

Évolution mensuelle de la conjoncture et publication des données en juin

L’activité économique canadienne a rebondi en avril avec une croissance de 0,5 %, supérieure à l’estimation provisoire de 0,4 % de Statistique Canada, ce qui représente la plus forte progression mensuelle depuis juillet 2025. La croissance a été principalement portée par le secteur de l’énergie, parallèlement à une reprise de l’activité manufacturière. Les industries de services ont également progressé, quoique de façon plus modérée. Les ventes manufacturières ont augmenté de 4,2 % pour atteindre 77,1 G$ en avril, les ventes de produits du pétrole et du charbon ayant bondi de 22,6 % pour s’établir à 11,8 G$, après une hausse de 25,5 % en mars.

Les ventes au détail ont augmenté de 0,5 % en avril par rapport au mois précédent, soit légèrement moins que l’estimation provisoire de 0,6 % de Statistique Canada. Toutefois, les ventes au détail sont demeurées inchangées en volume, ce qui indique que la hausse des prix, particulièrement celle de l’essence, a été le principal moteur de la croissance des ventes globales, comme cela avait également été le cas en mars. Les ventes au détail de base (à l’exclusion des automobiles et de l’essence) ont reculé de 0,7 % par rapport au mois précédent, après une baisse de 0,1 % en mars. L’estimation provisoire de Statistique Canada prévoit toutefois une solide progression de 1 % des ventes au détail en mai.

L’inflation annuelle est passée de 2,8 % en avril à 3,2 % en mai, son plus haut niveau en plus de deux ans, selon Statistique Canada. La hausse des coûts de l’énergie y a largement contribué. En revanche, l’inflation sous-jacente (à l’exclusion des aliments et de l’énergie) n’a augmenté que modestement et est demeurée près de la cible de la Banque du Canada (BdC). Les pressions inflationnistes devraient s’atténuer quelque peu au cours des prochains mois, les coûts de l’énergie ayant commencé à reculer en juin. L’emploi a rebondi en mai avec un gain surprise de 88 000 emplois, faisant reculer le taux de chômage de 6,9 % en avril à 6,6 % et compensant en partie les 112 000 pertes nettes d’emplois enregistrées au cours des quatre premiers mois de 2026. La vigueur des embauches, conjuguée à une hausse des heures travaillées, appuie l’idée que les récentes manchettes annonçant une récession exagéraient la faiblesse de l’économie. Dans ce contexte, la BdC a, comme prévu, maintenu son taux directeur à 2,25 % le 10 juin, soit une cinquième décision consécutive de maintenir le taux inchangé.

Aux États-Unis, la troisième et dernière estimation de la croissance du PIB du premier trimestre de 2026 publiée par le Bureau of Economic Analysis s’est établie à 2,1 %, soit une révision à la hausse de 0,5 point de pourcentage par rapport à la deuxième estimation. L’estimation préliminaire du PIB du deuxième trimestre de 2026 doit être publiée le 30 juillet. Selon le département du Commerce, les ventes au détail ont progressé de 0,9 % en mai, après une hausse de 0,4 % en avril. Les ventes ont probablement été soutenues par d’importants remboursements d’impôt versés par le gouvernement au cours des deux mois, même si les économistes s’attendent à ce que cet effet s’estompe. Contrairement au Canada, les ventes au détail sont toutefois demeurées en hausse lorsque les ventes d’essence sont exclues. Les magasins de vêtements, d’accessoires et de meubles ont tous enregistré des gains, tandis que les ventes en ligne ont progressé de 1,5 %.

L’économie américaine a enregistré un autre mois de forte création d’emplois en mai. Selon le Bureau of Labor Statistics, les emplois non agricoles ont augmenté de 172 000, après un gain révisé à la hausse de 179 000 en avril. Le gain de mai est le double de l’estimation de 85 000 nouveaux emplois établie à la suite du rapport initial faisant état de 115 000 emplois en avril. La surprise observée en mai et la révision à la hausse des données d’avril donnent à penser que le marché du travail reprenait de l’élan après avoir trébuché l’an dernier.

L’inflation américaine a augmenté en mai pour atteindre 4,2 % sur douze mois, son plus haut niveau en trois ans, la hausse des coûts de l’énergie continuant de se faire sentir. Toutefois, au 25 juin, le prix moyen de l’essence aux États-Unis s’établissait à 3,91 $ US le gallon, contre 4,35 $ US quatre semaines plus tôt, tout en demeurant bien supérieur au niveau de 3,18 $ US observé un an auparavant. Le taux d’inflation sous-jacente, qui exclut les coûts des aliments et de l’énergie, a atteint 2,9 % sur douze mois en mai, son plus haut niveau depuis septembre 2025. La baisse des prix de l’essence a probablement soutenu la confiance des consommateurs en juin, selon l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan, qui s’est établi à 49,5, légèrement en deçà des prévisions de 50. Le résultat de l’enquête de juin représentait toutefois une amélioration bienvenue par rapport au niveau de 44,8 enregistré en mai, le plus bas jamais observé.

Selon le département du Commerce, les exportations américaines ont augmenté de 2,6 % en avril, la guerre ayant porté les expéditions d’énergie à un nouveau sommet mensuel. Les exportations de fournitures industrielles, d’ordinateurs et d’aéronefs ont également été robustes. Les importations ont progressé de 2 % par rapport à mars, sous l’effet d’une hausse des importations de produits électroniques destinés aux centres de données liés à l’IA. Le déficit commercial américain des biens et services a diminué à 55,9 G$ en avril, en baisse de 1,2 % par rapport au mois précédent.

Dans ce contexte, la Réserve fédérale a, comme prévu, laissé le taux des fonds fédéraux inchangé à la mi-juin, dans une fourchette cible de 3,5 % à 3,75 %, pour une quatrième réunion consécutive. Il s’agissait de la première réunion sous la présidence du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh.La Fed a également publié une mise à jour de ses prévisions économiques de mars. Le changement le plus notable est la révision à la hausse de l’inflation fondamentale mesurée par les DPC (l’indicateur d’inflation privilégié de la Fed), qui est passée à 3,3 % pour 2026 (contre 2,7 % auparavant) et à 2,5 % pour 2027 (contre 2,2 % auparavant).

Dans la zone euro, l’inflation annuelle a atteint 3,2 % en mai, tandis que l’inflation sous-jacente, qui exclut les aliments et l’énergie, s’est établie à 2,5 %. Les prix de l’énergie étaient supérieurs de 10,9 % en mai à leur niveau d’un an plus tôt, après une hausse annualisée de 10,8 % en avril. L’inflation des services est toutefois passée de 3,0 % en avril à 3,5 % en mai. Ces données ont suffi à convaincre la Banque centrale européenne (BCE) de relever son taux de dépôt de 25 points de base, à 2,25 %, en réaction à la récente flambée des coûts de l’énergie.La BCE a signalé une inquiétude croissante quant au fait que les pressions inflationnistes s’étendent au-delà de l’énergie à l’ensemble de l’économie.

Au Royaume-Uni, le PIB mensuel s’est contracté de 0,1 % en avril, après des hausses de 0,3 % en mars et de 0,4 % en février. Le recul d’avril s’explique par une baisse de 0,2 % des services, partiellement contrebalancée par une hausse de 0,1 % de la construction; l’activité manufacturière est demeurée stable. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 % en juin, comme prévu. La Banque de réserve d’Australie a également laissé son taux directeur inchangé à 4,35 %, comme prévu. Au Japon, la Banque du Japon (BdJ) a relevé son taux directeur d’un quart de point, à 1,00 %, comme prévu, tout en indiquant qu’elle poursuivrait avec prudence la normalisation de sa politique monétaire et en faisant part de ses préoccupations quant aux pressions inflationnistes attribuables à la hausse des coûts de l’énergie et à leurs effets indirects sur les prix à la consommation. En Chine, les données publiées en juin ont fait état d’un affaiblissement de la demande intérieure parallèlement à une dépendance continue à l’égard des exportations. L’inflation est demeurée contenue, la faiblesse de la demande intérieure et la baisse marquée de la consommation de pétrole ayant compensé la hausse des coûts de l’énergie.

À quoi faut-il s’attendre maintenant?

La progression du PIB canadien en avril, la plus forte hausse mensuelle en neuf mois, a atténué certaines inquiétudes selon lesquelles les répercussions des droits de douane américains s’aggravaient. Toutefois, le 1er juillet, les trois pays signataires de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) devront indiquer s’ils souhaitent prolonger l’accord commercial pour une nouvelle période de 16 ans. Le choix de ne pas le faire déclenchera automatiquement des examens annuels au cours des dix prochaines années. Tout indique que les États-Unis choisiront de ne pas prolonger l’accord. Le cas échéant, les négociations se poursuivront et l’ACEUM demeurera en vigueur, laissant la plupart des exportations canadiennes vers les États-Unis exemptes de droits de douane. Certaines catégories importantes, notamment l’acier, l’aluminium, le cuivre, les automobiles et le bois d’œuvre, continueront toutefois d’être assujetties à des droits de douane pénalisants variant de 25 % à 50 %. L’incertitude persistante, qui pourrait freiner les investissements, continuera de peser sur l’économie canadienne. Une date clé sera le 24 juillet, date à laquelle l’administration américaine devrait annoncer une nouvelle série de droits de douane mondiaux pour remplacer ceux invalidés par la Cour suprême des États-Unis en février.

Les investisseurs continueront également de suivre de près les progrès des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre un terme définitif à la guerre. Si les hostilités reprennent de façon durable, le risque d’une intensification des pressions inflationnistes influencera les décisions de politique monétaire des banques centrales. Pour l’instant, la question controversée de savoir qui contrôle la navigation dans le détroit d’Ormuz, et à quelles conditions, demeure un important point de friction. Les marchés financiers ont néanmoins résisté à une longue série de défis au cours des dernières années, et les bénéfices des sociétés, un indicateur fondamental pour les investisseurs, ont fait preuve de résilience. Aux États-Unis, les bénéfices des sociétés ont augmenté de 40,4 G$ au premier trimestre de 2026 et progressent depuis le deuxième trimestre de 2025. Et malgré un contexte commercial difficile, qui pourrait encore se complexifier, le Canada a évité une récession.

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